Fabien Mirabaud

La Panamerican Highway

...de Septembre 2002 à Mars 2003

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Le Chili, Part 1 - De San Pedro de Atacama jusqu'a Santaigo

Le Chili...

voici un pays dont nous connaissions quelques tenants... Finis les hotels a 2 dollars la nuit, les policiers que l'on remercie d'un billet de 20 dollars pour le rond point tranquillement evite, les cireurs de chaussure que l'on paie 20 centimes...

On nous avait prevenu, le Chili, avec ses 4000km de long, large de 200 a 300km, c'est un peu comme les Etats-Unis. Etat bien organise, police incorruptible, carte visa acceptee dans les stations services, eau chaude dans la douche, routes en bon etat... bref autant de details qui peuvent vous sembler insignifiants mais qui pour nous sont signes de confort et de securite... et on apprecie!

Le pays est divise en une douzaine de regions, numerotees de 1 a 12, tout simplement. Pas tres creatif mais tres comode et qui nous permet de nous rendre compte facilement de notre avancee (fulgurante) au fur et a mesure que nous sortons d'une region pour en decouvrir une autre... allez courage, plus que 10 regions!

Notre decouverte du Chili commence par une frontiere qui etait censee representer notre avant derniere frontiere. Or, pour toute frontiere, venant du desert Bolivien vers le Chili, nous n'avons eu qu'une rencontre avec un douanier hirsute, surgit de la cabane de douane qui lui sert a la fois de chambre et de cuisine... et tout ca en plein desert, sous un vent charge de poussieres a decorner les boeufs!

Les formalites d'immigration ayant ete accomplies au prealable a Uyuni, nous n'avons eu qu'a presenter notre passeport en regle. En revanche, s'agissant des formalites de douane, nous ne les aurons jamais accomnplies, le prepose aux douanes de Uyuni etant absent pour 4 jours, nous n'avions comme autre choix que de partir sans avoir le tampon necessaire, sauf a attendre le douanier prodigue qui peut vouloir se faire attendre plus que nous l'escomptions! Le risque pris valait la peine puisque jamais nous ne nous sommes vus demandes les papiers de sortie des motos... si seulement tous les douaniers du monde pouvaient prendre exemple sur ceux de Bolivie, cela nous aurait beaucoup sinplifier la tache en Amerique Centrale.

Nous repartons donc, nos premiers kilometres en territoire chilien, en nous interrogeant sur l'utilite de ce poste frontiere digne d'unes scene du desert des tartares!

Nous voila au Chili, roulant sur du bitume, ce qui est un regal, apres tout ce desert! Notre arrivee a San Pedro de Atacama se fait sans souci, mais nous restons un peu decus. San Pedro n'offre guere autre chose que des cafes branches avec des bougies a tout bout de champ (on se croirait a NY!!); ce n'est pas tout a fait ce que nous attendions. Nous en profitons tout de meme pour celebrer notre victoire sur le desert...

Le lendemain, Tom et Fabien retrouvoent Aurelien, qui, apres avoir raccompagne Sixtine pour son avion a La Paz, a pris le train, a brave les lois de la pesanteur en soulevant sa moto a plus d'un metre du sol pour la mettre dans le wagon a bestiaux et a evite de verifier la theorie de Newton en dejouant les pieges que le sable sournois creait tout au long de la route qui le menait a Calama. Le sable, tout seul, ne fait pas vibrer de bonheur le motard surcharge!

La route vers Antofagasta est en pleine descente; nous traversons le tropique du Capricorne, avec une belle photo a la clef! En chemin, Fabien fait part de ses inquietudes sur la stabilite de sa roue arriere; arrives en ville, nous aurons la chance de laisser la moto a un garage plein de bonne volonte qui accepte de changer les roulements a billes de la roue arriere, mis a rude epreuve apres l'eau du salar et la tole ondulee... L operation a dure de 18h a 21h... un garage francais aurait il fait de meme???

Nous passons la nuit dans une auberge tenue par une chanteuse dont les CDs sont distribues en France, la grande classe! Mais nous de danserons pas le flamenco, trop epuises et affames par cette longue journee!

Notre descente vers le Sud le long de la panamericaine se fait sans souci, a part une crevaison de Tom qui nous laisse sur le bord de l'autouroute la nuit tombee... Nous y decouvrons des cotes vierges, campons au gres des kilometres quand une belle plage se presente. Nous decouvrons egalement les joies des chassez-croises des departs en vacances au Chili. Il ne faut pas oublier que nous sommes en plein ete ici et que les chiliens prennent tous la route pour s'offrir de belles vacances. Un peu come en France. C'est bien legitime apres tout! Les aires de repos et les stations essence le long de la Pamericaine prennent ressemblent a des aires de repos le long de l'A6 a la fin du mois d'aout...

Parmi les endroits ou nous avons passe la nuit, nous retiendrions particulierement une plage ou l'hospitalite des chiliens n'a pas ete dementie (on nous offre des bonbons, un petit dej de poissons- dur dur mais on s'y fait!-, et des poissons crus que nous ne pouvons que refuser car nous ne pouvons les cuisiner!). Chacun d'entre nous avait lu les aventures du Che Guevara et de sa motocyclette Podarosa II, l'hospitalite des Chiliens qu'il nous decrivait correspond sans nul doute a la realite!

Nous retiendrons egalement un petit coin de paradis, du nom de Puerto Oscure, qui porte son nom en raison de l'obscurite impressionante qui regne apres 21h00. Imaginez une petite baie, au pied d'une montagne ou viennent se nicher 15 petites maisons plus charmantes les unes que les autres, en bois, sur pilotis, sans eau courante ni electricite! Notre nuit dans ce cadre, le nez sous les etoiles, au bord du feu, restera l'une des nuits les plus paisibles du voyage. Bien evidemment, tel des apprentis Che, nous reussissons a charmer nos voisins pour prendre quelques verres de vin tard dans la nuit et notre cafe le matin... encore un des exemples de l'hospitalite Chilienne.

Enfin venus a bout du desert d'Atacama, ayant rejoints les stations balneaires de la cote, nous atterrissons dans des endroits dont la reputation internationale n'est plus a refaire... Il s'agit de noms qui font rever: Vina del Mar, Valparaiso...

La cote est belle, on croise quelques belles maisons d'architecte, le soleil cogne sur la plage. Il regne une ambiance de vacances qui nous enchante sur cette cote d'azur chilienne!

Valparaiso nous acceuille le temps de 48 heures. Fabien y decouvre avec emotion une ville qui ressemble a s'y meprendre a San Francisco. Le climat y est identique (le fog du matin laisse la place a un beau soleil d'ete), les 41 collines de la ville avec leurs maisons en bois sont charmantes. Les tramways de la ville fonctionnent encore. Mais, la chose la plus surprenante dans ce plus grand port du Chili reste le systeme d'ascenseurs qui date de la fin du siecle dernier. Certains d'entre eux passent dans des tunnels puis surgissent des entrailles de la terre pour rejoindre les hauteurs de la ville. Pour en avoir une idee proche, il faut se souvenir du vieux funiculaire de montmartre.

Tom et Fabien profitent de la ville pour faire regler leurs carburateurs, apres 17000km de voyage, ce n'est pas un luxe.

Nous rejoignons tous Santiago, Fabien etant arrive la veille pour passer une soiree avec son cousin Alex.

Santiago sera pour nous une etape "mondaine". Nous courrons de barbeques en soirees et pots... et ce en depit de nos pantalons poussiereux et de nos apparences "pathibulaires" mais presques!

Tom et Aurelien, toujours, a Valpairaiso, continuent de profiter de la nonchalence de cette ville portuaire avant de retrouver Fabien dans le quartier des motos, l'equivalent de la place de la bastille ou de l'avenue de la grande armee a Paris (mais le cadre est moins beau!).

Il s'agit d'offrir a nos motos un petit check up. Nous en profitons pour changer l'huile de fourche et faire diverses petites bricoles pour nous assurer que les motos seront encore fideles pour les 10.000 prochains kilometres!

Nous passons deux nuits chez Lionel, un contact de Fabien, qui nous heberge sans savoir que nous debarquons en masse avec toute la poussiere accumulee depuis le desert d'Atacama qui viendra se repandre dans son salon!

Les deux soirees que nous passons avec lui seront tres mouvementees, de cocktails de pisco citron vert en soirees d'expatries, de bars en plein air en danses cubaines improvisees dans la rue par un groupe charge de la promotion d'un rhum local, nous donnons a notre voyage un nouveau rythme bien soutenu... Quel bonheur de se lever tard le matin et de faire une halte pendant 3 jours!

Santiago est une ville tres moderne, avec toutes les facettes d'une ville occidentale. Les environs sont superbes: des montagnes aux sommets enneiges entourent la ville. Malgre ce que l'on nous raconte de la ville en periode hivernale, nous trouvons Santiago aeree et peu polluee.

Ce sera apres une bonne pause bien reposant que nous partons attaquer la route du Sud, quittant sommes toutes assez rapidement cette ambiance estivale pour nous retrouver au sein d'un climat plus hostile.