Fabien Mirabaud

La Panamerican Highway

...de Septembre 2002 à Mars 2003

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Le monde de la moto :

L Equateur

Nombreux sont nos amis qui nous avaient recommandes l'Equateur. Outre les Iles Galapados sur lesquelles nous avions fait une croix depuis longtemps, faute de budget, ce pays regorge de merveilles. Mais a la place de Quito la magnifique et de la vegetation amazonienne luxuriante, nous n'avons trouve sur notre chemin que Guayaquil la terrible et la jungle de sa douane.

L'Equateur n'a pas voulu de nos motos sur son sol. Alors que la vie dans ce pays ressemble a une fourmiliere desordonnee ou tout s'improvise, le port de Guayaquil s'est erige en gardienne des lois, avec une rigidite deconcertante.

Sans carnet de passage, pas de moto. Ce document est une garantie apportee par une banque comme quoi la moto ne sera pas vendue dans le pays. Les informations rassemblees aupres d'autres motards nous avaient convaincus que cette formalite etait obsolete. Mais nous avions fait fausse route...

Nous nous sommes retrouves tous les trois a l'aeroport de Guayaquil le jeudi 5 decembre dans la nuit. Aurelien avait laisse ses comperes un soir d'octobre apres un riche diner familial. Quelle stupeur de debarquer sur deux gorilles hirsutes et le sourire aux levres !

Nous n'etions pas de trop pour affronter Guayaquil la terrible...

Fabien et Thomas etaient parvenus depuis Panama a faire volte face au dernier moment et choisir comme port de destination Manta au lieu de Guayaquil. Deuxieme port du pays, Manta est toutefois plus souple, plus equatorien... En contrepartie d'une caution de 2000 dollars verses a la douane maritime, ils ont pu chevaucher leur moto et redescendre jusqu'a notre point d'ancrage, le port de Guayaquil.

Pendant ce temps, Aurelien etait reste sur le front...

Premier rendez vous a la panderia matinale. La charmante boulangere propose des cachitos qui voudraient evoquer le croissant francais. Les habitants sont a l'image de ces pains, ronds petits et bruns. Une bonhommie naturelle se degage de ces personnages de Botero.

Reconforte par ces delicieuses brioches au dulce de leche, creme patissiere qui remplacera legumes viande et fruits journaliers pour Thomas, Aurelien est a son poste avant que le port ne se reveille, les vendredi, lundi, mardi et mercredi matins...

La douane du port de Guayaquil fonctionne mais ne marche pas. Elle rampe. Il faut donc composer. Manifester un peu de colere, de desespoir, de patience et d'humour, de maniere alternative. Recette compliquee pour une cuisine amere lorsque rien ne semble evoluer de jour en jour.

Nous n'avons pour seul reconfort que deux autres francais, Karen et Remi, dont le vehicule est embarque dans la meme galere, et la biere que nous buvons ensemble.

Mercredi 11 decembre au matin, enfin, le depart de la ville est imminent. Thomas et Fabien vont rouler en 2 roues, pendant qu' Aurelienles suivra en quatre. Eh oui, la seule facon de delivrer sa Transalp des griffes de la douane, est de la transporter en pick up jusqu' a la frontiere avec le Perou... Aurelien retrouve donc aux aurores l'agent Mendoza, avec sa double casquette plantee sur le crane. Celle d'agent des douanes charge de s'assurer que la moto quitte au plus vite le pays. Celle de chauffeur de la camionnette, en contrepartie de 150 dollars...

Nous regardons inquiets les 4 roues du vehicule s'affaisser comme une outre sous le poids de la caisse de la moto de 484 kgs. Le moteur s'ebroue de tous ses chevaux, la pente nous est favorable, alors en avant !

Le cacao, son odeur acre, les bannanes, les cannes a sucre et la musique equatorienne... Pas facile de derrider un Mendoza et d'entamer la conversation pendant les six heures de route !

¡ Por fin ! Nous arrivons tous a Huaquillas, poste frontiere avec le Perou. L' Albatros se pose sur le sol equatorien. Il etait temps ! A 200 metres pres, il loupait ce pays et se retrouvait au Perou...

Oublions les 12 heures de lutte et de patience avec les douanes plantes sous le soleil de plomb. Les papiers sont enfin en regles. Nous sommes jeudi 12 decembre, jour anniversaire de Fabien. Thomas a chipe le plus beau trophe de la chevauchee jusqu'alors, une casquette de douanier equatorien ! Notre enthousiasme reprend un coup de sang. En plus, il parait que de l'autre cote du pont, c'est le Perou !